ÉCO-HABITAT ET ARCHITECTURE DURABLE: NÔS PASSIONS!

LA REDÉCOUVERTE DE L’ARCHITECTURE DE MONTAGNE ET DE SES MATÉRIAUX

Après la guerre, de nouveaux matériaux sont apparus, comme le ciment, qui garantissaient à première vue une plus grande facilité d’utilisation et une plus grande rapidité d’exécution. Cela a transformé – souvent pour le pire -l’architecture et les types de construction en montagne.
Nous nous sommes ainsi tous habitués à utiliser le mortier à base de ciment, ainsi que d’autres matériaux qui n’avaient rien à voir avec l’architecture traditionnelle et qui semblaient en quelque sorte faire oublier des siècles de misère, liés à tort aux crépis rustiques, à la pierre apparente etc…
Nous étions poussés à choisir le lisse, le régulier, le ciment, le plâtre, le plastique, le fer industriel, la symétrie avec des modèles de construction et de proportion qui n’avaient rien à voir avec le territoire. En même temps que la misère, nous avons jeté aux oubliettes les anciennes méthodes de construction. La pierre, la chaux, (dans ses différentes formes) et le bois qui pendant des siècles avaient été à la base de la culture du bâtiment, non seulement en plaine ou en montagne et dont l’emploi s’est trouvé ainsi limité à la restauration de belles demeures.
Aujourd’hui, fort heureusement, après avoir pris conscience des désastres accomplis- surtout ceux des années’70-’90 – nous redécouvrons la beauté et les proportions de l’architecture traditionnelle. Nous nous apercevons que les villages les plus beaux de nos montagnes (et d’ailleurs) sont justement ceux qui ont été épargnés dans ces années-là !
Nous redécouvrons les qualités extraordinaires et indéniables des anciens matériaux et leur côté naturel.
Par exemple, saviez-vous que le ciment et les mortiers à base de ciment retiennent l’humidité et qu’avec le temps ces enduits, tout en étant plus « forts et durs », ont tendance à se détacher de leur support ?
Reconnaissez également que la couleur de ce type d’enduit et la froideur du gris de ces joints n’étaient pas du tout à leur place dans nos villages.
Nous avons observé que les enduits à base de ciment favorisent la remontée de l’humidité du terrain jusqu’à imprégner complètement les murs ! Tandis que les enduits à la chaux restent intacts car ils laissent respirer les murs.
Nous avons comparé les anciennes finitions et les couleurs d’églises et de demeures historiques avec l’uniformité des bâtiments modernes dont la durée dans le temps est bien plus limitée.
Nous avons remarqué que les ouvrages en pierre murés avec la terre ou le mortier à la
Chaux « travaillent » pendant toute leur vie contrairement aux murs construits avec le ciment.

Ayant pris conscience de tout cela, nous avons étudié les anciennes techniques de construction, nous avons recommencé à utiliser dans nos mortiers la chaux naturelle sous toutes ses formes (chaux hydraulique, aérienne, éteinte, à chaud….),nous avons retrouvé l’usage des terres et des couleurs naturelles, des dormants en bois et non en béton armé (on pourrait ici ouvrir une parenthèse pour parler de l’utilisation du béton armé avec une fonction antisismique dans la restauration de structures en pierre, terre et chaux à notre avis inutile et incompatible…).
Nous avons retrouvé des solutions, des proportions et des colorations anciennes, nous les avons même améliorées en utilisant des machines et des matériaux modernes, tout en conservant intact leur charme.
C’est seulement plus tard que nous avons compris que notre façon de travailler appartenait en tout et pour tout à ce que l’on appelle la bio-construction alors que nous mettons en œuvre seulement ce qui s’est toujours fait depuis les temps les plus anciens.

M.P.